Débat

Categorie: Chiens dangereux |

Les chiens sont à l’honneur encore une fois bien qu’ils s’en passeraient bien volontiers. Attaques de chiens, discours incendiaires d’anti-chiens, pas une journée ne passe sans que les médias en parlent.
Depuis 50 ans, pas moins de trois lois ont été rédigées sur le sujet. La première en 1959 , la suivante en 1993 et la troisième (sûrement pas la dernière) en 1999. 8 ans après la mise en application de celle-ci quel est le constat ? Aucun changement, toujours autant d’accidents. Nonobstant, il est inutile d’accuser le législateur, le problème est dans l’application de ces lois par des fonctionnaires qui n’ont pas été formés pour cela. La Loi du 6 janvier 1999 a établi deux catégories de chiens dits dangereux :

CATEGORIE 1 : les chiens de type (Pittbull et Boerbull) cela veut dire que pour les reconnaitre il faut se baser sur leur phénotype (ce à quoi ils ressemblent ). Il suffirait donc déjà d’établir un fichier photos pour comparaison.

CATEGORIE 2 : les chiens de race dont la liste est annexée. Pour reconnaitre un chien de race, une seule possibilité, celui-ci doit posséder une “carte d’identité ” appelée inscription au Livre des Origines Français (c’est le livre qui est français pas les origines) ou un Pedigree (obtenu à partir du Livre des Origines Français après avis d’un juge de la race) Cette liste de chiens de race est précise mais ouverte. Cela veut dire que n’importe quelle race reconnue officiellement par la Fédération Cynologique Internationale peut être rajoutée sur cette liste par décision du législateur.

Reprenons cette Catégorie 1. Depuis la mise en application de cette loi, TOUS les chiens concernés vivant en 1999 auraient dû être stérilisés. Depuis 1999, tout chien de cette catégorie naissant après la mise en application aurait dû être euthanansié. Cela n’est pas le cas puisque même la majorité des vétérinaires s’y perdent. Un vétérinaire est un “médecin ” un zootechnicien, pas un cynophile (très peu le sont). De plus, le vétérinaire ne tient sûrement pas à devenir un délateur, ce n’est pas son rôle. Donc comment appliquer le texte ? Les maires, les fonctionnaires de police, les gendarmes doivent faire appliquer les lois mais comment peuvent-ils le faire alors qu’ils ne savent pas faire la différence entre un chien de race et un chien de “type”, entre un Cane Corso et un Dogue Argentin par exemple ? Une solution : La Société Centrale Canine, reconnue d’utilité Publique (cela veut dire qu’elle touche des subventions de l’Etat) a pour mission la gestion des fichiers canins et félins mais aussi doit informer la population. Elle a � sa disposition des juges de race, qui savent comment reconnaitre un chien de race ou un chien de type. Le juge est un pédagogue (ou doit l’être). Il serait donc facile pour les administrations (y compris via Internet) de trouver des juges à proximité de chaque ville et d’organiser des “séminaires” afin de former ces fonctionnaires sur l’application de la loi.

Il me semble aussi que le problème peut être traité sur un autre front, en parallèle. Combien d’acheteurs de chiots ont eu un entretien avec le vendeur afin de vérifier que le futur propriétaire saura comment éduquer l’animal, si le mode de vie et/ou le temps disponible est suffisant ? Si la race choisie correspond aux futurs acquéreurs ? On ne vend pas un Jack Russel aux mêmes personnes qu’un Cavalier King Charles. C’est le problème majeur en animalerie mais c’est la même chose chez beaucoup d’éleveurs en particulier les gros producteurs. Idem pour les vendeurs par petites annonces , producteurs de chiots pour la plupart non LOF élevés dans la cuisine dans le but unique de gagner facilement un peu d’argent. La rentabilité ne fait pas bon ménage avec la responsabilité face à un être vivant. Alors faudra-t-il un permis de détention pour chaque chien ?

La Présidente de la SPA propose d’interdire la vente des chiens et chats en animalerie et par petites annonces, le but final étant de laisser la vente aux éleveurs déclarés. Ce pourrait être l’idéal mais c’est impossible, les animaux de compagnie représentent un potentiel financier énorme contre lequel on ne peut lutter (Aliments, accessoires, soins vétérinaires, ventes de chiens et de chats, etc ..)

Jean-Luc Delente

Lu et approuvé par Dany Moruzzi






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